Les risques psychosociaux (RPS) figurent parmi les enjeux majeurs de la santé au travail en 2026. Selon le baromètre BDO-OpinionWay 2025, 59 % des salariés déclarent avoir déjà été confrontés à une situation de risques psychosociaux, comme victimes ou comme témoins. Burn-out, harcèlement, stress chronique, isolement : ces réalités touchent toutes les entreprises, des TPE aux grands groupes. À Bordeaux comme dans toute la Nouvelle-Aquitaine, les employeurs doivent placer la prévention des RPS au cœur de leur stratégie de santé-sécurité.
Qu'est-ce que les risques psychosociaux (RPS) ?
Les risques psychosociaux regroupent l'ensemble des risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d'emploi, l'organisation du travail et les relations professionnelles au sein de l'entreprise. Contrairement aux risques physiques (chutes, bruit, produits chimiques), les RPS sont souvent invisibles, ce qui les rend plus difficiles à identifier.
L'INRS distingue plusieurs manifestations principales des RPS :
- Le stress au travail : déséquilibre entre les contraintes professionnelles et les ressources disponibles pour y faire face
- Le burn-out (épuisement professionnel) : épuisement physique et émotionnel résultant d'un stress chronique (voir notre formation prévention du burn-out)
- Le harcèlement moral ou sexuel : agissements répétés portant atteinte à la dignité du salarié
- Les violences internes : conflits entre collègues, management toxique, pression excessive
- Les violences externes : agressions verbales ou physiques par des clients, usagers ou patients. Les équipes en contact avec le public peuvent être outillées via nos formations gestion des incivilités et agressions verbales, gestion de l'agressivité et des conflits ou la mise en place d'un protocole de prévention des violences externes
- L'isolement professionnel : notamment en télétravail. Une formation au télétravail et au travail à distance aide à le prévenir en structurant l'organisation et la communication à distance
- 22 % des actifs déclarent une mauvaise santé mentale (baromètre Qualisocial x Ipsos 2026), soit 3 points de moins qu'en 2025
- 59 % des salariés ont déjà été confrontés à une situation de RPS, comme victimes ou témoins (baromètre BDO-OpinionWay 2025)
- 26 % seulement de ces salariés l'ont signalé à leur employeur (même baromètre)
- La santé mentale reste grande cause nationale en 2026 (prolongation décidée par le gouvernement le 27 novembre 2025)
Les 6 facteurs de risques psychosociaux (INRS)
L'INRS retient 6 grandes familles de facteurs de risques psychosociaux, issues du rapport du Collège d'expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail présidé par Michel Gollac (d'où le nom de « facteurs de Gollac »). Elles structurent l'évaluation et la démarche de prévention.

1. Intensité et temps de travail
La surcharge de travail, les délais serrés, les objectifs irréalistes et les horaires atypiques constituent des facteurs de stress majeurs. Le travail en horaires décalés ou de nuit amplifie ces risques.
2. Exigences émotionnelles
Les métiers impliquant un contact direct avec le public (santé, commerce, enseignement, services sociaux) imposent une gestion permanente des émotions. Devoir cacher ses ressentis ou subir des agressions verbales génère une fatigue émotionnelle importante.
3. Autonomie insuffisante
Le manque de marge de manœuvre dans l'exécution des tâches, l'impossibilité de participer aux décisions qui concernent son travail, et la sous-utilisation des compétences provoquent frustration et désengagement.
4. Rapports sociaux dégradés
Les conflits entre collègues, le manque de soutien hiérarchique, l'absence de reconnaissance et le harcèlement constituent des facteurs de RPS particulièrement destructeurs. Pour traiter ces tensions internes avant qu'elles ne s'enveniment, les managers et référents peuvent se former à la médiation et gestion de conflits : désamorçage, posture de tiers neutre et recherche d'un accord durable.
5. Conflits de valeurs
Lorsqu'un salarié est contraint d'agir en contradiction avec ses valeurs professionnelles ou personnelles, un malaise profond s'installe. On parle alors de perte de sens au travail.
6. Insécurité de la situation de travail
La précarité de l'emploi, les restructurations fréquentes, la crainte du licenciement et l'incertitude sur l'avenir professionnel génèrent une anxiété chronique qui impacte la performance collective. Les périodes d'incertitude économique renforcent ce facteur.
Obligations légales de l'employeur en matière de RPS
L'article L4121-1 du Code du travail impose à l'employeur une obligation de sécurité : prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés. Cette obligation s'applique à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille.
Obligations de l'employeur en prévention RPS
| Critère | Obligation | Détail |
|---|---|---|
| Évaluation des risques | DUERP | Intégrer les RPS dans le Document Unique (art. R4121-1) |
| Plan de prévention | PAPRIPACT | Programme annuel dès 50 salariés, liste d'actions de prévention en dessous (art. L4121-3-1) |
| Formation des managers | Recommandée | Sensibiliser à la détection et prévention des RPS (mesure de prévention au sens de L4121-1) |
| Information salariés | Obligation | Informer sur les risques et les mesures de prévention |
| Référent harcèlement | CSE | Référent harcèlement sexuel et agissements sexistes, désigné par tout CSE (art. L2314-1) |
| Association du CSE | Dès 50 salariés | Information et consultation sur les conditions de travail (art. L2312-8) |
L'absence de prévention des RPS expose l'employeur à la qualification de faute inexcusable en cas d'accident ou de maladie professionnelle, avec des conséquences financières et pénales lourdes.
En résumé, l'employeur doit prévenir les risques psychosociaux au même titre que les autres risques professionnels. L'article L4121-1 du Code du travail lui impose une obligation de sécurité qui couvre la santé physique et mentale des salariés, quelle que soit la taille de l'entreprise. Concrètement, il évalue les facteurs de RPS dans chaque unité de travail et les inscrit dans le DUERP. Il en tire des actions de prévention : un programme annuel (PAPRIPACT) dans les entreprises d'au moins 50 salariés, une liste d'actions consignée dans le DUERP en dessous. Il informe les salariés sur les risques et sur les mesures prises, et il associe le CSE, consulté sur les conditions de travail dès 50 salariés. L'absence de document unique peut être sanctionnée par une amende administrative. L'absence de prévention expose enfin l'employeur à la qualification de faute inexcusable en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
La grande cause nationale santé mentale prolongée en 2026
Le 27 novembre 2025, le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale « Parlons santé mentale ! ». Le communiqué des services du Premier ministre fixe pour priorité d'appuyer les initiatives locales, notamment celles des entreprises, et d'intégrer la santé mentale dans l'ensemble des politiques publiques, travail compris. Cette prolongation ne crée pas d'obligation nouvelle pour l'employeur : le socle reste l'obligation de sécurité de l'article L4121-1 et l'évaluation des risques dans le DUERP.
Absence de DUERP : une amende administrative
L'absence de document unique figure désormais parmi les manquements que l'administration du travail peut sanctionner par une amende administrative (article L8115-1, 6°, du Code du travail). Le montant maximal est de 4 000 € et peut être appliqué autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés (article L8115-3). Un DUERP qui ignore les RPS reste donc un point faible en cas de contrôle.
Intégration des RPS dans le DUERP
Les RPS doivent figurer dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) au même titre que les risques physiques. Chaque unité de travail doit faire l'objet d'une évaluation spécifique des facteurs de risques psychosociaux.
Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le programme annuel de prévention (PAPRIPACT) fixe la liste détaillée des mesures, leurs conditions d'exécution, des indicateurs de résultat, leur coût et un calendrier (article L4121-3-1) : les actions contre les RPS y ont leur place. En dessous de 50 salariés, l'employeur définit des actions de prévention consignées dans le DUERP. Consultez notre article sur la mise à jour du DUERP pour les bonnes pratiques. Notre article sur l'intégration des RPS dans le DUERP détaille la méthode d'évaluation.
Les 3 niveaux de prévention des RPS
Une démarche de prévention efficace s'articule autour de trois niveaux complémentaires. La clé du succès réside dans la priorisation de la prévention primaire, souvent négligée au profit d'actions curatives.

Les 3 niveaux de prévention des RPS
Modifier l'organisation du travail, adapter la charge de travail, améliorer le management, renforcer l'autonomie. C'est le niveau le plus efficace car il élimine les facteurs de risques à la source. Intégrer les RPS dans le DUERP et le PAPRIPACT.
Former les managers à repérer les signaux faibles (absentéisme, isolement, conflits). Mettre en place des dispositifs d'alerte et d'écoute. Développer les compétences psychosociales des équipes via des formations RPS et PSSM.
Accompagner les salariés en souffrance : cellule d'écoute psychologique, médiation, aménagement de poste. Gérer les situations de crise (harcèlement avéré, agression, tentative de suicide au travail).
Il est tentant de concentrer les actions sur la prévention tertiaire (gestion de crise), alors que la prévention primaire, qui agit sur les causes, est la seule à supprimer le risque à la source. Notre guide sur le bien-être au travail à Bordeaux détaille les actions concrètes à mettre en œuvre. Nos formations sensibilisation RPS aident les managers à passer d'une logique curative à une logique préventive.
Comment mettre en place une démarche de prévention RPS ?
Démarche en 5 étapes pour prévenir les RPS
La démarche doit être portée par la direction générale. Constituez un comité de pilotage associant direction, RH, CSE/CSSCT, médecin du travail et salariés volontaires.
Pour choisir un questionnaire, consultez nos guides sur le questionnaire de Karasek, le MBI de Maslach et le CBI de Copenhague.
Se former pour structurer la démarche
Au-delà de la sensibilisation, plusieurs formations permettent de professionnaliser votre démarche de prévention. La formation Prévention des RPS (2 jours) outille responsables RH et préventeurs pour évaluer les six facteurs de risque, bâtir un plan d'action hiérarchisé et l'intégrer au DUERP. La formation Référent RPS prépare la personne chargée d'animer la prévention au quotidien à tenir pleinement son rôle. Enfin, la formation Prévention des RPS pour managers cible l'encadrement de proximité, premier relais de détection des signaux d'alerte au sein des équipes.
Des modules plus ciblés complètent ce parcours selon les besoins : accompagner un salarié en souffrance pour maîtriser l'entretien d'écoute et le plan d'action, prévention des addictions en entreprise pour traiter les conduites à risque dans le cadre du règlement intérieur, et gérer la charge mentale professionnelle pour outiller chacun en organisation, priorisation et gestion du stress. Face à l'hyperconnexion, devenue un facteur de RPS à part entière, la formation Droit à la déconnexion aide à encadrer l'usage des outils numériques et à protéger les temps de repos des salariés.
Rôle du CSE et du référent harcèlement
Le Comité Social et Économique joue un rôle central dans la prévention des RPS. Les élus CSE sont aussi des acteurs clés du bien-être au travail. Ils peuvent :
- Alerter l'employeur en cas d'atteinte aux droits des personnes, à leur santé physique et mentale ou aux libertés individuelles (article L2312-59)
- Proposer des actions de prévention lors des réunions du CSE
- Être consultés sur la politique de prévention et les modifications d'organisation
- Participer à l'élaboration et la mise à jour du DUERP
Le CSE désigne parmi ses membres un référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes (article L2314-1), quel que soit l'effectif. Il constitue un interlocuteur privilégié pour les salariés confrontés à ces situations ; le harcèlement moral relève, lui, du droit d'alerte des élus et de l'obligation de prévention de l'employeur. La formation sensibilisation au harcèlement moral et sexuel couvre les deux volets. La formation référent harcèlement permet aux élus d'assumer pleinement cette mission.
Formations RPS à Bordeaux avec FJ Prévention
FJ Prévention propose plusieurs formations certifiées Qualiopi pour accompagner les entreprises de Bordeaux et de Nouvelle-Aquitaine dans leur démarche de prévention des RPS.
Nos formations RPS et Santé Mentale
- 1Sensibilisation RPS (1 jour)Pour tous les salariés et managers : identifier les facteurs de risques, repérer les signaux d'alerte, connaître les dispositifs d'aide. Finançable OPCO.
- 2Formation PSSM, Premiers Secours en Santé Mentale (2 jours)Formation agréée par PSSM France, avec attestation de secouriste en santé mentale. Apprenez le plan d'action AERER pour accompagner un collègue en difficulté psychologique.
- 3Formation Référent Harcèlement CSEPour le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes désigné par le CSE : cadre juridique, procédure d'enquête, accompagnement des victimes.
- 4Formation CSE/CSSCT intégrant les RPSLes élus CSE doivent connaître leurs prérogatives en matière de RPS pour exercer pleinement leur rôle.
Organisme certifié Qualiopi, FJ Prévention intervient en intra (dans vos locaux à Bordeaux, Mérignac, Libourne, Périgueux) ou en inter-entreprises. Demander un devis gratuit →
Les signaux d'alerte à surveiller
Comment repérer que vos équipes sont exposées aux risques psychosociaux ? Voici les indicateurs à surveiller :
Indicateurs individuels
- Changement de comportement d'un salarié (isolement, irritabilité, démotivation)
- Augmentation des arrêts maladie courts et répétés
- Baisse de la qualité du travail ou de la productivité
- Plaintes somatiques récurrentes (maux de tête, troubles du sommeil, fatigue chronique)
Indicateurs collectifs
- Taux d'absentéisme en hausse, surtout s'il se concentre sur un service
- Turn-over anormalement élevé dans un service
- Conflits récurrents entre collègues ou avec la hiérarchie
- Accidents du travail en augmentation, y compris les « presqu'accidents »
- Réclamations ou signalements au CSE en hausse
Testez vos connaissances sur les RPS
Quiz : Êtes-vous au point sur les RPS 2026 ?
Quel article du Code du travail fonde l'obligation de prévention des RPS ?
Mentionner les RPS dans votre DUERP
Les RPS doivent figurer dans votre DUERP au même titre que les risques physiques. L'application gratuite DUprev intègre un module dédié à l'évaluation des RPS avec des grilles pré-remplies. Tester DUprev gratuitement →
FAQ : risques psychosociaux en entreprise
Qu'est-ce que les risques psychosociaux (RPS) en entreprise ?
Les RPS désignent les risques pour la santé mentale, physique et sociale des salariés, générés par les conditions d'emploi, l'organisation du travail et les relations professionnelles. Ils englobent le stress chronique, le burn-out, le harcèlement moral ou sexuel, les violences internes ou externes et l'isolement professionnel.
L'employeur est-il obligé de prévenir les RPS ?
Oui, l'article L4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique ET mentale des salariés. Les RPS doivent être intégrés dans le Document Unique d'Évaluation des Risques (DUERP). L'absence de prévention peut engager la responsabilité de l'employeur pour faute inexcusable.
Quels sont les 6 facteurs de risques psychosociaux identifiés par l'INRS ?
L'INRS identifie 6 grandes familles de facteurs de RPS : l'intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, l'autonomie insuffisante, les rapports sociaux dégradés, les conflits de valeurs et l'insécurité de la situation de travail.
Comment intégrer les RPS dans le DUERP ?
Les RPS doivent figurer dans le DUERP au même titre que les risques physiques. Il faut identifier les facteurs de risques par unité de travail, évaluer leur gravité et probabilité, définir des actions de prévention, et les intégrer dans le PAPRIPACT pour les entreprises d'au moins 50 salariés (liste d'actions de prévention en dessous).
Quelle formation RPS choisir à Bordeaux ?
FJ Prévention propose des formations sensibilisation RPS (1 jour) et des formations PSSM, Premiers Secours en Santé Mentale (2 jours, agréées par PSSM France), à Bordeaux et en Nouvelle-Aquitaine. Ces formations sont certifiées Qualiopi et finançables par votre OPCO.
Quels sont les 3 niveaux de prévention des RPS ?
La prévention primaire agit sur les causes (organisation, charge de travail, management, autonomie) : c'est le niveau le plus efficace. La prévention secondaire détecte et accompagne (formation des managers, dispositifs d'alerte et d'écoute). La prévention tertiaire traite et répare (cellule d'écoute, médiation, aménagement de poste, gestion de crise).
Conclusion : Faire de la prévention des RPS un levier de performance
La prévention des risques psychosociaux n'est plus une option en 2026 : c'est une obligation légale et un facteur de compétitivité. Les entreprises de Bordeaux et de Nouvelle-Aquitaine qui investissent dans la prévention des RPS visent une réduction de l'absentéisme, un meilleur engagement des équipes et une baisse des coûts liés aux AT/MP.
Les clés du succès reposent sur trois piliers :
- L'engagement de la direction dans une démarche structurée et suivie
- La formation des managers et des salariés aux enjeux des RPS
- L'intégration des RPS dans le DUERP avec un plan d'actions concret
FJ Prévention accompagne les entreprises de la métropole bordelaise et au-delà dans leur démarche de prévention. Nos formations sensibilisation RPS et PSSM permettent de former vos équipes efficacement, avec une pédagogie axée sur la pratique et les situations réelles.

