Les salariés les plus expérimentés seraient logiquement les mieux armés face à la pression professionnelle. La réalité est bien différente. Une recherche présentée en mars 2026 dans The Conversation par une enseignante-chercheuse en leadership de la Manchester Metropolitan University indique que le milieu de carrière constitue la période la plus exposée à l'épuisement professionnel. Cette étude bouscule une idée reçue tenace. Pour les dirigeants de TPE-PME, ce constat appelle des mesures de prévention concrètes.
L'étude : les salariés expérimentés sont les plus vulnérables
Contrairement aux idées reçues, les recherches menées auprès de plus de 150 managers de proximité issus des secteurs public et privé révèlent un constat alarmant. Les professionnels en milieu de carrière :
- Travaillent davantage que leurs collègues plus jeunes ou proches de la retraite
- Déclarent une satisfaction professionnelle plus faible et des niveaux d'épuisement plus élevés
- Cumulent responsabilités managériales, objectifs de performance ambitieux et contraintes personnelles accrues (famille, charge mentale)
Les femmes déclarent des niveaux de burn-out plus élevés, notamment au milieu de leur carrière.
Source : The Conversation — « Burn-out : pourquoi le milieu de carrière est la zone la plus à risque », mars 2026
L'analyse de notre préventionniste
Le burn-out n'est pas une faiblesse individuelle
Le burn-out est avant tout un problème organisationnel, pas une défaillance personnelle. L'INRS le décrit comme un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique, et en distingue trois dimensions :
- L'épuisement émotionnel — une fatigue profonde que le repos ne suffit plus à compenser
- La dépersonnalisation (cynisme) — une insensibilité aux autres et une vision négative du travail
- Le sentiment de non-accomplissement personnel — l'impression de ne plus répondre aux attentes et de dévaluer ses résultats
Les managers intermédiaires en première ligne
Les cadres intermédiaires se trouvent dans une position particulièrement vulnérable. Ils doivent simultanément répondre aux attentes de leur hiérarchie tout en soutenant leurs équipes. Dans de nombreuses entreprises, la surcharge chronique et la disponibilité permanente sont normalisées, voire valorisées. Le « bon stress » est une illusion : lorsque la pression devient chronique et que les temps de récupération sont réduits, le stress mène droit au burn-out.
Un enjeu pour la santé de l'entreprise
Le burn-out se traduit par des arrêts maladie, de l'absentéisme et des départs. Pour une TPE-PME, perdre un collaborateur expérimenté pèse lourd : c'est un risque à évaluer dans le DUERP, au même titre que les risques physiques.
Vos obligations employeur
Le Code du Travail est sans ambiguïté : la santé mentale fait partie intégrante de l'obligation de sécurité de l'employeur.
- Article L4121-1 : l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs
- Article L4121-2 : les principes généraux de prévention incluent l'adaptation du travail à l'Homme
- DUERP : le Document Unique doit intégrer les risques psychosociaux, y compris le burn-out, avec des mesures de prévention adaptées
- Article L1152-4 : l'employeur prend toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement moral
Le manquement à l'obligation de sécurité peut engager la responsabilité de l'employeur, d'où l'intérêt de pouvoir démontrer les actions de prévention menées.
Les signaux d'alerte du burn-out sont souvent minimisés, surtout chez les salariés expérimentés qui « tiennent le coup ». Cependant, l'expérience ne protège pas : elle masque le problème jusqu'au point de rupture.
Évaluez vos risques psychosociaux avec notre outil gratuit DUprev sur app.fjprevention.fr ou demandez un accompagnement personnalisé.
La formation qui protège
Trois formations complémentaires permettent d'agir à chaque niveau de prévention :
1. Formation Prévention du Burn-out — Pour les managers et dirigeants
- Comprendre les mécanismes de l'épuisement professionnel
- Identifier les facteurs de risque organisationnels dans votre entreprise
- Mettre en place des actions de prévention concrètes et durables
- Formation d'une journée, certifiée Qualiopi, finançable OPCO
2. Sensibilisation aux Risques Psychosociaux — Pour tous les salariés
- Reconnaître les signaux d'alerte chez soi et chez les autres
- Comprendre les facteurs de stress au travail et les leviers d'action
- Adopter les bons réflexes face à un collègue en difficulté
3. Formation PSSM — Premiers Secours en Santé Mentale — Pour les référents
- Apprendre à porter secours face à un trouble de santé mentale émergent
- Savoir orienter vers les ressources professionnelles adaptées
- Réduire la stigmatisation des problèmes de santé mentale au travail
En amont du burn-out, agir sur la surcharge cognitive est un levier de prévention déterminant. La formation gérer la charge mentale professionnelle outille chaque salarié en organisation, priorisation et gestion du stress, avant que l'épuisement ne s'installe. La disponibilité permanente alimentée par les outils numériques étant l'un des moteurs de la surcharge, la formation Droit à la déconnexion complète cette démarche en aidant l'entreprise à encadrer les usages numériques et à garantir de vrais temps de récupération.
À retenir
- Le milieu de carrière concentre les facteurs de risque du burn-out — surcharge chronique, pression managériale, manque de reconnaissance et disponibilité permanente normalisée
- L'employeur a une obligation légale de protéger la santé mentale (article L4121-1) — le manquement peut engager sa responsabilité
- La formation Prévention du Burn-out, couplée à l'évaluation des RPS dans le DUERP, constitue le premier rempart contre l'épuisement professionnel dans votre entreprise

