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764 morts au travail en 2024 : le bilan de l'Assurance Maladie

Par Fabien ARELPublié le 27 février 2026 • Mis à jour le 4 octobre 2026

Le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie, Risques professionnels, publié le 18 novembre 2025, révèle 764 accidents mortels du travail en France, en hausse de 5 par rapport à 2023. Avec les accidents de trajet et les maladies professionnelles, ce sont 1 297 personnes qui ont perdu la vie à cause de leur travail. Décryptage des chiffres clés et des obligations employeurs.

764 morts au travail en 2024 : le bilan de l'Assurance Maladie

Les accidents du travail mortels sont les événements soudains survenant dans le cadre de l'activité professionnelle qui entraînent le décès du salarié. Selon le rapport 2024 de l'Assurance Maladie, la France enregistre 764 accidents mortels du travail, soit plus de deux décès par jour ouvré.

Le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie, Risques professionnels, est paru le 18 novembre 2025. Les chiffres sont sans appel : 764 salariés du régime général ont perdu la vie dans un accident du travail en 2024. C'est 5 de plus qu'en 2023. Plus de deux morts par jour ouvré. Et encore, ces statistiques ne couvrent que les salariés du régime général : elles excluent la fonction publique, les agriculteurs et les indépendants.

Combien de morts au travail en 2024 ? Les chiffres clés

En 2024, 764 salariés du régime général sont morts d'un accident du travail, soit 5 de plus qu'en 2023 (+0,7 %) et plus de deux décès par jour ouvré. Il faut y ajouter 318 décès consécutifs à un accident de trajet et 215 décès liés à une maladie professionnelle. Au total, 1 297 personnes ont perdu la vie à cause de leur travail, le plus haut niveau depuis au moins 2019. Ces chiffres proviennent du rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie, Risques professionnels, publié le 18 novembre 2025. Ils ne couvrent que les salariés du régime général : la fonction publique, les agriculteurs et les indépendants n'y figurent pas. Les accidents avec arrêt reculent légèrement, à 549 614 (-1,1 %), mais l'ensemble des sinistres a représenté près de 79 millions de jours d'arrêt de travail, dont 54 millions pour les seuls accidents du travail.

Le détail figure dans le tableau ci-dessous :

IndicateurNombre 2024Évolution
Accidents du travail mortels764+0,7%
Accidents de trajet mortels318—
Maladies professionnelles mortelles215—
Total décès liés au travail1 297+10 décès, plus haut niveau depuis au moins 2019
AT avec arrêt549 614-1,1%
Jours d'arrêt de travail (AT, trajet et maladies professionnelles)près de 79 millions, dont 54 millions pour les AT—

Quels secteurs sont les plus meurtriers ?

Trois secteurs concentrent le plus d'accidents mortels du travail en 2024, selon le rapport de l'Assurance Maladie. Le secteur Transports, Eau, Gaz, Électricité, Livre et Communication arrive en tête avec 178 décès, en hausse de 13,4 %. Le Bâtiment et les Travaux Publics suit avec 146 décès, contre 149 en 2023, soit 19 % des accidents mortels du travail à lui seul. L'alimentation compte 82 décès, en hausse de 20,6 % sur un an, la progression la plus forte des trois. Dans le BTP, parmi les accidents dont la cause est codée, quatre causes représentent 92 % des cas : la manutention manuelle (49 %), les chutes de hauteur (16 %), l'outillage à main (15 %) et les chutes de plain-pied (12 %). Ce sont ces risques que la mise à jour du DUERP et la formation doivent cibler en priorité.

1. Transports : 178 décès

Le secteur Transports / Eau / Gaz / Électricité / Livre & Communication reste le plus meurtrier en nombre absolu avec 178 accidents mortels en 2024 (+13,4 %).

2. BTP : 146 décès

Le Bâtiment et Travaux Publics enregistre 146 décès (149 en 2023, soit -2 %). Dans ce secteur, parmi les AT dont la cause est codée, les 4 principales causes représentent 92 % des accidents :

  • Manutention manuelle : 49%
  • Chutes de hauteur : 16%
  • Outillage à main : 15%
  • Chutes de plain-pied : 12%

3. Alimentation : 82 décès, en hausse de 20,6 %

Le secteur alimentaire compte 82 décès, soit une augmentation de 20,6 % par rapport à 2023, la plus forte progression des trois secteurs.

L'analyse de notre préventionniste

Plus de la moitié des décès : des malaises

Plus de la moitié des accidents mortels du travail de 2024 sont liés à des malaises : 447 décès, soit 59 % du total. Seuls 24 % des décès ont une origine professionnelle identifiée, comme une chute ou une manutention, et plus de 10 % sont dus à des accidents routiers. C'est le chiffre qui interpelle le plus dans le rapport annuel de l'Assurance Maladie, parce qu'il déplace la question de la prévention : au-delà des risques propres au poste, l'entreprise doit être prête à réagir face à un salarié victime d'un malaise sur son lieu de travail. La présence de sauveteurs secouristes du travail formés et de défibrillateurs (DAE) accessibles dans les locaux n'est donc pas un luxe. Ce sont la première ligne de défense contre ces malaises qui tuent au travail.

Voir aussi : SST et défibrillateur en entreprise.

Plus de 20 % des décès la première année

Plus de 20 % des décès par accident du travail surviennent dans l'année qui suit la prise de poste, soit au moins 160 décès en 2024. Chez les moins de 25 ans, cette proportion dépasse la moitié des décès. Les nouveaux embauchés, les intérimaires et les apprentis sont donc surexposés : ils découvrent en même temps le poste, les lieux, les équipements et les consignes. Ce constat pointe directement un défaut dans la procédure d'accueil sécurité et dans la formation initiale au poste. L'information et la formation à la sécurité lors de l'embauche figurent pourtant parmi les obligations de l'employeur (article R4141-2 du Code du travail), tout comme l'information sur les risques (article L4141-1). Renforcer l'accueil des nouveaux arrivants est l'un des trois leviers prioritaires de cet article, avec la mise à jour du DUERP et la formation des sauveteurs secouristes du travail.

Quelles obligations pour l'employeur ?

L'employeur doit tenir à jour son DUERP (R4121-1), former des sauveteurs secouristes du travail (R4224-15), assurer l'information et la formation à la sécurité des nouveaux embauchés (R4141-2), évaluer les risques (L4121-3) et informer ses salariés sur les risques (L4141-1) :

ObligationTexte de référenceStatut
DUERP à jourArt. R4121-1 Code du TravailObligatoire
Formation SSTArt. R4224-15 Code du TravailObligatoire
Accueil sécurité nouveaux embauchésArt. R4141-2 Code du TravailObligatoire
Évaluation des risques spécifiquesArt. L4121-3 Code du TravailObligatoire
Information et formation aux risquesArt. L4141-1 Code du TravailObligatoire

Sanctions encourues

TypeMontant / peine
Défaut de DUERPAmende de 5e classe : 1 500 € au plus, 3 000 € en récidive (R4741-1)
Faute inexcusableMajoration de rente et indemnisation de préjudices complémentaires
Mise en danger délibérée1 an d'emprisonnement et 15 000 € (art. 223-1 Code pénal)
Homicide involontaire (AT mortel)3 ans et 45 000 €, jusqu'à 5 ans et 75 000 € en cas de violation manifestement délibérée (art. 221-6 Code pénal)

Comment protéger vos salariés

3 actions prioritaires pour réduire votre risque

1. Mettez à jour votre DUERP. Le Document Unique doit être actualisé au moins chaque année dans les entreprises d'au moins 11 salariés, et à chaque aménagement important ou information nouvelle sur un risque (R4121-2). Voir notre guide de la mise à jour du DUERP. Utilisez notre outil gratuit DUPrev' sur app.fjprevention.fr.

2. Formez vos Sauveteurs Secouristes du Travail. La formation SST initiale (14 heures, dispositif INRS) et le recyclage MAC SST (7 heures, tous les 2 ans) sont le premier rempart.

3. Renforcez l'accueil sécurité. Les nouveaux embauchés doivent bénéficier d'une formation adaptée dès le premier jour. C'est la cible n°1 de la prévention.

Formations complémentaires selon votre secteur

Toutes nos formations sont dispensées par un organisme certifié Qualiopi et peuvent être prises en charge par votre OPCO selon ses critères.

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Questions fréquentes

Combien de personnes meurent au travail chaque année en France ?

En 2024, 764 salariés du régime général sont décédés d'un accident du travail. En ajoutant les accidents de trajet (318) et les maladies professionnelles (215), le total atteint 1 297 décès liés au travail, soit plus de 3 décès par jour.

Quels secteurs sont les plus touchés par les accidents mortels du travail ?

Le secteur Transports / Eau / Gaz / Électricité / Livre et Communication arrive en tête avec 178 décès en 2024, suivi du BTP avec 146 décès, puis l'alimentation avec 82 décès (+20,6 % en un an). Le BTP concentre à lui seul 19 % des accidents mortels du travail.

Comment réduire les accidents du travail dans mon entreprise ?

Trois leviers fondamentaux : 1) Mettre à jour votre DUERP avec une évaluation réelle des risques, 2) Former vos équipes (SST, habilitations, travail en hauteur), 3) Renforcer l'accueil des nouveaux embauchés : plus de 20 % des décès surviennent dans l'année qui suit la prise de poste.

Quelle part des accidents mortels du travail est due à des malaises ?

En 2024, plus de la moitié des accidents mortels du travail sont liés à des malaises : 447 décès, soit 59 %. Seuls 24 % des décès ont une origine professionnelle identifiée (chute, manutention) et plus de 10 % sont dus à des accidents routiers.

Les nouveaux embauchés sont-ils plus exposés aux accidents mortels ?

Oui. Plus de 20 % des décès surviennent dans l'année qui suit la prise de poste, soit au moins 160 décès en 2024. Chez les moins de 25 ans, c'est plus de la moitié des décès.

Quelles sanctions pénales en cas d'accident du travail mortel ?

L'homicide involontaire est puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende, jusqu'à 5 ans et 75 000 € en cas de violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité (article 221-6 du Code pénal). La mise en danger délibérée d'autrui est punie d'un an et 15 000 € (article 223-1).

À retenir

  • 764 accidents mortels du travail en 2024, soit plus de 2 décès par jour ouvré
  • 1 297 décès totaux liés au travail (AT + trajet + maladies professionnelles), le plus haut niveau depuis au moins 2019
  • Plus de la moitié des décès sont des malaises : la formation SST et les DAE sauvent des vies
  • Plus de 20 % des morts la 1ère année dans le poste : l'accueil sécurité est vital
  • Le DUERP, la formation SST et l'accueil sécurité sont vos 3 leviers prioritaires
Fabien AREL

À propos de l'auteur

Fabien AREL

Préventionniste, Formateur Prévention des Risques

Préventionniste et formateur certifié en prévention des risques professionnels, Fabien AREL accompagne les TPE/PME de Nouvelle-Aquitaine dans leur mise en conformité sécurité.

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