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Validité permanente.
Délivré par le Préfet de la Région Nouvelle-Aquitaine, sur proposition de la DREETS.
Les heures de délégation sont l'un des moyens essentiels dont disposent les élus du CSE pour exercer leurs missions. Ce crédit d'heures, prévu par le Code du travail, permet de consacrer du temps aux activités de représentation du personnel tout en étant rémunéré normalement. En 2026, les règles restent stables mais les questions des élus sont nombreuses. Ce guide fait le point complet.
Qu'est-ce qu'une heure de délégation ?
Les heures de délégation constituent un crédit de temps accordé aux représentants du personnel pour exercer leurs fonctions. Pendant ces heures, l'élu quitte son poste de travail habituel pour se consacrer à ses missions CSE : réunions préparatoires, contacts avec les salariés, recherches, rédaction de documents, etc.
Le principe fondamental
Le temps passé en heures de délégation est considéré comme temps de travail effectif. L'élu est donc rémunéré normalement, comme s'il était à son poste. Ce temps est également pris en compte pour le calcul des congés payés, de l'ancienneté et des droits liés au contrat de travail.
L'employeur ne peut ni refuser ni retarder la prise des heures de délégation. C'est un droit fondamental du représentant du personnel, garanti par la loi.
Distinction avec le temps de réunion
Attention à ne pas confondre heures de délégation et temps de réunion. Le temps passé aux réunions avec l'employeur (réunions plénières du CSE) n'est pas décompté du crédit d'heures de délégation. Il s'agit d'un temps distinct, également rémunéré comme temps de travail effectif.
Les heures de délégation servent à tout le reste : préparation des réunions, enquêtes, contacts avec les salariés, déplacements, etc.
Le calcul du crédit d'heures selon l'effectif
Le nombre d'heures de délégation est fixé par l'article R2314-1 du Code du travail. Il dépend de l'effectif de l'entreprise et du nombre d'élus titulaires au CSE.

Tableau des heures de délégation 2026
Le Code du travail prévoit les crédits suivants par titulaire et par mois :
Pour les entreprises de 11 à 24 salariés, le crédit est de 10 heures par mois avec 1 titulaire. De 25 à 49 salariés, le crédit passe à 10 heures avec 2 titulaires. À partir de 50 salariés, les crédits augmentent significativement.
De 50 à 74 salariés, chaque titulaire dispose de 18 heures mensuelles pour 4 titulaires. De 75 à 99 salariés, le crédit est de 19 heures pour 5 titulaires. La progression continue jusqu'aux très grandes entreprises : 5 000 salariés et plus donnent droit à 34 heures mensuelles par titulaire.
Calcul du volume global
Pour comprendre les moyens réels du CSE, il faut multiplier le crédit individuel par le nombre de titulaires. Par exemple, dans une entreprise de 150 salariés avec 7 titulaires disposant chacun de 21 heures, le volume global mensuel est de 147 heures de délégation.
Ce volume peut être réparti différemment grâce aux mécanismes de mutualisation.
Un accord collectif peut prévoir des heures de délégation supérieures au minimum légal. Vérifiez toujours les accords applicables dans votre entreprise, notamment l'accord de mise en place du CSE.
La mutualisation des heures entre élus
Depuis les ordonnances Macron de 2017, les heures de délégation peuvent être mutualisées entre élus. C'est une souplesse importante qui permet d'adapter l'utilisation des heures aux besoins réels du CSE.
Le principe de la mutualisation
Les titulaires du CSE peuvent répartir entre eux et avec les suppléants le crédit d'heures dont ils disposent. Cette mutualisation ne doit pas conduire un élu à disposer dans le mois de plus de 1,5 fois son crédit d'heures mensuel initial.
Par exemple, un titulaire avec 18 heures de crédit ne peut pas recevoir plus de 27 heures au total sur un mois (18 × 1,5 = 27).
Les formalités à respecter
Pour mettre en œuvre la mutualisation, les élus doivent informer l'employeur au moins 8 jours avant la date prévue d'utilisation des heures mutualisées. Cette information doit préciser l'identité des élus concernés et le nombre d'heures transférées.
L'employeur ne peut pas refuser la mutualisation si les conditions sont respectées. Il doit simplement en prendre note pour le suivi des heures.
Mutualisation avec les suppléants
Un point important : les suppléants ne disposent pas de crédit d'heures propre, mais ils peuvent recevoir des heures par transfert de la part des titulaires. C'est le seul moyen pour un suppléant d'exercer des activités de représentation en dehors du remplacement d'un titulaire absent.
Cette possibilité est particulièrement utile lorsqu'un suppléant souhaite se former au rôle de titulaire ou lorsque le CSE a besoin de renfort sur un dossier particulier.
Le report des heures non utilisées
Les heures de délégation non utilisées dans le mois ne sont pas perdues. Elles peuvent être reportées sur les 12 mois suivants.
Les règles du report
L'annualisation des heures permet à un élu de cumuler des heures pour les utiliser sur un mois où la charge de travail CSE est plus importante. Par exemple, lors de la préparation d'une consultation importante ou d'une négociation complexe.
Toutefois, le report est plafonné : un élu ne peut pas utiliser plus de 1,5 fois son crédit mensuel sur un même mois, même en cumulant heures du mois et heures reportées.
L'information de l'employeur
Pour utiliser des heures reportées, l'élu doit en informer l'employeur au moins 8 jours avant l'utilisation prévue. Cette information doit préciser le nombre d'heures concernées.
C'est la même règle et le même délai que pour la mutualisation.
L'utilisation des heures de délégation
Les heures de délégation sont au service des missions du CSE. Leur utilisation doit être conforme à cet objectif.
Les activités couvertes
Les heures de délégation permettent de couvrir toutes les activités liées au mandat CSE :
La préparation des réunions du CSE représente souvent une part importante du temps : lecture des documents, recherche d'informations, élaboration des questions, coordination entre élus.
Les contacts avec les salariés sont essentiels : permanences, visites dans les services, recueil des réclamations, information sur les actions du CSE.
Les enquêtes et inspections dans le cadre des attributions SSCT nécessitent du temps : visites de locaux, analyse des conditions de travail, enquêtes après accident.
La recherche et formation personnelle fait également partie des activités légitimes : lecture de documentation juridique, participation à des réunions avec des organismes extérieurs.
Enfin, le temps de déplacement pour se rendre sur un lieu de réunion ou d'inspection peut être imputé sur les heures de délégation.
Les activités exclues
Certaines activités ne relèvent pas des heures de délégation :
Les réunions avec l'employeur (réunions plénières du CSE) ont leur propre temps, non décompté du crédit.
Les formations financées par l'employeur (formation économique, formation SSCT) ne s'imputent pas non plus sur les heures de délégation.
Les activités purement personnelles ou sans lien avec le mandat ne peuvent évidemment pas être couvertes par les heures de délégation.
Quel est le délai pour informer l'employeur d'une mutualisation d'heures ?
Le contrôle par l'employeur
Si l'employeur ne peut pas refuser les heures de délégation, il peut exercer un certain contrôle.
L'information préalable
L'employeur peut demander à être informé de la prise des heures de délégation. Cette information, souvent formalisée par un bon de délégation, permet d'organiser le travail en l'absence de l'élu.
Le bon de délégation mentionne généralement la date, l'heure de départ, la durée prévisible et éventuellement le lieu de destination. Il ne constitue pas une demande d'autorisation mais une simple information.
L'employeur ne peut pas exiger de motif détaillé sur l'utilisation des heures. L'élu n'a pas à justifier précisément ses activités à l'avance.
Le contrôle a posteriori
En revanche, l'employeur peut vérifier a posteriori que les heures ont bien été utilisées conformément au mandat. Il peut demander des explications sur l'emploi du temps et les activités réalisées.
En cas de contestation sur l'utilisation des heures, c'est à l'employeur de prouver une utilisation frauduleuse ou non conforme. La présomption joue en faveur de l'élu.
Les sanctions possibles
Si l'employeur démontre que des heures ont été utilisées à des fins personnelles sans lien avec le mandat, il peut refuser de les payer et prendre des mesures disciplinaires.
Toutefois, ces contestations sont rares car les juges interprètent largement les activités liées au mandat CSE.
Conseils pratiques pour bien gérer ses heures
Quelques recommandations pour optimiser l'utilisation de vos heures de délégation.
Tenir un suivi rigoureux
Notez scrupuleusement vos heures utilisées, les activités réalisées et les personnes rencontrées. Ce suivi vous sera utile pour justifier vos heures si l'employeur le demande, mais aussi pour planifier votre activité et répartir le travail au sein du CSE.
Anticiper les besoins
Identifiez les périodes où les besoins seront plus importants : consultations annuelles, négociations, projets de réorganisation. Utilisez le report et la mutualisation pour disposer de plus de temps sur ces périodes clés.
Coordonner avec les autres élus
Discutez au sein du CSE de l'utilisation collective des heures. Qui fait quoi ? Comment répartir les tâches ? La mutualisation est-elle nécessaire pour certains projets ? Cette coordination renforce l'efficacité du CSE.
Connaître vos droits
N'hésitez pas à utiliser pleinement vos heures. C'est un droit acquis qui existe pour permettre aux élus d'exercer leurs missions. Un élu qui n'utilise pas ses heures ne peut pas accomplir correctement son mandat.
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Article publié en février 2026 - Sources : Code du travail (Légifrance), Ministère du Travail
Questions fréquentes
Le crédit dépend de l'effectif de l'entreprise : 10h pour 11-24 salariés, 12h pour 25-49, 18h pour 50-74, jusqu'à 34h pour plus de 10 000 salariés. Ces heures sont indiquées dans le Code du travail (article R2314-1).
Oui, la mutualisation entre élus titulaires est possible. Elle doit être notifiée à l'employeur au moins 8 jours avant l'utilisation. Un élu ne peut pas recevoir plus de 1,5 fois son crédit mensuel.
Oui, les heures non utilisées peuvent être reportées sur les 12 mois suivants. Le cumul sur un mois ne peut pas dépasser 1,5 fois le crédit mensuel initial.
Non, l'employeur ne peut ni refuser ni retarder l'utilisation des heures de délégation. Il peut seulement demander une information préalable et contrôler a posteriori l'utilisation conforme.
Non, les suppléants ne disposent pas de crédit d'heures propre. Ils peuvent cependant recevoir des heures par transfert (mutualisation) de la part des titulaires.

